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La francophonie, à l' épreuve du multilinguisme, doit devenir utile et moderne

L' Institut IFRAMOND de l' Université Jean Moulin Lyon 3 organisait cette semaine les septièmes entretiens de la Francophonie. Avec la participation très remarquée de Ton Nu Thi Ninh.
Ex ambasadeur du Vietnam en Belgique et au Luxembourg, Mme Ninh a aussi représenté son pays auprès de l' Union Européenne. Elle est actuellement vice présidente de la commission des affaires étrangères à l' Assemblée Nationale du Vietnam. C' est dire son haut degré de connaissance des relations internationales en général et avec les pays francophones en particulier.
Le français, entre autres langues
Si selon elle le Français reste pour les vietnamiens "un leg culturel et politique", il est évident que l' ouverture du pays depuis la fin de l' URSS lui a permis plus de "diversité et de polyvalence". Dans ce pays, au contraire de la Thaïlande par exemple, la panoplie de langues est extrêmement diverse. Au Vietnam on parle anglais bien sûr, mais aussi français, tchèque, espagnol, portugais, russe ou chinois ! Et selon elle, il faut cesser de présenter la francophonie comme une citadelle assiégée, par l' anglais en particulier.

Entretiens "La francophonie en Asie du Sud Est et en Afrique subsaharienne"

Avoir une approche utilitaire de l' apprentissage du français
Madame Ninh a rappelé qu' au Vietnam, comme dans de nombreux pays d' Asie, il n' y a pas de concurrence linguistique. "On apprend une langue si elle peut nous être utile". Si les pays comme la Belgique, la France ou le Canada, au lieu de se replier sur eux-mêmes, offraient des bourses d' études, si les entreprises françaises proposaient des stages à des jeunes vietnamiens, ceux-ci seraient enchantés d' apprendre et de pratiquer cette langue !
Attirer les jeunes à la francophonie par des réussites
De retour d' une visite à Grenoble dans des entreprises spécialisées sur les sciences et les nanotechnologies, elle a par ailleurs donné son point de vue : le français est trop souvent associé à des valeurs du passé. Les efforts devraient se porter sur une communication plus moderne et positive. Associer la langue française à la technologie et au monde des affaires, au même titre que l' anglais, non pas pour le remplacer mais pour le compléter. C' est ce qu' elle a appelé la francophonie indirecte.
Un visa francophone sur le modèle du visa Commonwealth
Rajeunir la francophonie, c' est tout le pari des institutions. Dans un rapport au ministre de la francophonie, Hervé Bourges propose quelques pistes pour lui redonner du souffle : la plus originale serait l' instauration d' un "visa francophone", sur le modèle du "visa Commonwealth" qui existe déjà. "Celà permettrait de mieux concilier politique migratoire et échanges internationaux", assure t' il. Hervé Bourges propose aussi la création d' un "portail francophone" et d' un "fonds de soutien à l' expression multimédia", ainsi que le développement d' un programme d' échanges étudiants ERASMUS entre les universités francophones et la mise en place de bouquets de télévisions francophones dans chaque pays.
Des rapports, il en existe beaucoup!
Mais il est clair que sur ce domaine de la francophonie, des rapports il en existe beaucoup ! Dans son blog "De Lyon et d' Ailleurs" (lire ici), l' élu lyonnais Jean Yves Sécheresse essayait récemment d' en faire une recension. C' était aussi pour se moquer de Christian Philip. L' ex député du Rhône venait d' être nommé conseiller spécial auprès de Nicolas Sarkozy . Pour rédiger un rapport sur la Francophonie...
Mise à jour le 16 juin 2008 :
Ces "septièmes entretiens de la francophonie" ont donné lieu à un appel de Lyon à l' attention des chefs d' Etat qui se réuniront prochainement lors du "Sommet de Québec".
Selon cet appel, ce sommet de Québec "doit être le Sommet du nouveau souffle. Il a rendez-vous avec l’Histoire". Les participants lancent un appel au Président de la République française afin qu’en conformité avec son intervention du 20 mars 2008 à la Cité internationale universitaire de Paris, il fasse tout pour que le Sommet de Québec mette en route une Francophonie offensive, et que la France inscrive dans sa Constitution sa participation à la construction de la Communauté francophone et amende la loi Toubon pour dire non à l’unilinguisme anglais et affirmer la primauté du français sur le territoire national, notamment dans le monde du travail".


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Commentaires

AFRAV a dit…
COURRIEL, SACREBLEU !
Il est difficile de croire, dans un monde dominé par le « Micromou » de M. Guillaume Desportes (alias Bill Gates), que l'ordinateur personnel est dû à un Français, d'origine vietnamienne d'ailleurs. Tel est le prestige de la force brute. La Toile, elle, s'est bien développée pour répondre aux besoins de l'armée américaine. De mauvais esprits pourraient certes prétendre que son usage civil a d'abord été le fait d'individus peu sociables, vissés devant leur écran pour ne point sortir de chez eux. Qu'un pays sans cafés préfère, aux contacts humains directs, une « communication » désincarnée. Cependant, il n'est pas niable que la messagerie électronique représente aujourd'hui un outil commode, rapide et relativement fiable, sinon toujours synonyme de confidentialité.

Mais comment désigner ces messages que nous échangeons à foison, au point d'en inonder nos connaissances, et jusqu'à nous y perdre nous-mêmes ? L'anglais « e-mail », abréviation de « electronic mail », suivant une logique (déterminant-déterminé) inverse de la nôtre, une terminologie française s'impose. Or c'est dans une telle situation, lorsqu'un terme étranger, soutenu par une logistique commerciale agressive, tend à inonder les murs et les oreilles, que se manifeste l'intérêt d'une politique linguistique du français, appuyée sur une idée claire du but à atteindre, et sur un plan efficace pour y parvenir. En l'occurrence, il faut bien dire que nous avons assisté à un ratage, certes rattrapable, mais dû, il faut bien le voir, à une absence de sens stratégique. Nous ne sommes plus au temps où l'on pouvait mettre en circulation « ordinateur » sans craindre « computer ». La publicité, les médias, nous bombardent quotidiennement d'anglo-américain mal digéré ou mal traduit. Un snobisme irréfléchi, détournant de façon perverse le sens de la mode et l'esprit frondeur, pousse à capituler, à se couler dans un moule avant d'avoir compris ce qui était en jeu. Il faut dire également que les compétences et la réactivité nécessaires ne sont pas faciles à réunir, entre ceux qui ne voient pas, ou feignent de ne pas voir, le pouvoir des mots, et ceux des linguistes qui nous expliquent qu'on parle tout sauf français en France. Toujours est-il qu'en l'occurrence, la Commission ministérielle de terminologie de l'électronique a cru bon de recommander l'emploi de « mél », abréviation supposée de « messagerie électronique ».

Certains objecteront que ce n'est pas ainsi que se forment les abréviations dans notre langue. Là n'est pas le plus grave. «aMél », certes, est monosyllabique, alors que la forme canon en français est bisyllabique (métro, boulot, dodo, télé, cinéa) Mais surtout, le terme étant nouveau, il se passe ceci : l'interlocuteur demande de répéter, puis comprend, et s'écrie « Mél ? Ah, oui, ii-mél ! ». Résultat : un coup pour rien. Moins drôle encore : qui ne se souvient du mail de la ville de son enfance, de l'automne où l'on ramassait les marrons, de la foire-exposition, avec ses bâtons de réglisse et ses petits pains d'épices…Eh bien, aujourd'hui, dans la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, certains prononcent « mé-ile ». Plus colonisé, tu meurs !

Or nos amis Québécois, plus grands et plus précoces utilisateurs de la Toile que les Français, ont trouvé dès le début le terme qui convient : courriel. Le mot est bien formé, rime avec ciel, Gabriel…et se prête à la formation de dérivés, comme « courrielleur ». Pourquoi diable chercher plus loin ? Pourquoi, surtout, diviser nos forces, alors qu'il s'agit déjà, au départ, de lutter à contre-pente, de remonter le courant ? À croire qu'au pays de Descartes, le bon sens n'est pas la chose du monde la mieux partagée. Alors qu'il est ici la première qualité nécessaire, à mettre au service d'une volonté.

Qu'on nous comprenne bien : il n'y a ici ni fermeture, ni « crispation ». Toute langue, et la nôtre éminemment, vit d'emprunts, à condition qu'ils apportent quelque chose d'utile, et ne brident pas sa créativité propre, en répandant, de façon peu innocente, l'idée selon laquelle seul l'anglais serait capable de désigner les réalités nouvelles et d'exprimer la modernité.

Mais les Francophones, comme les autres, doivent garder la maîtrise de leur découpage du réel, de leur choix des concepts, et de la manière de les exprimer.

DG
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