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Protection de l' enfance : un pont entre deux rives

Plus de 500 professionels de la protection de l' enfance, assistantes sociales, responsables de services éducatifs, éducateurs ou membres des services judiciaires, étaient réunis à Lyon le 6 juin pour la Conférence départementale de Protection de l' Enfance.



Une journée studieuse présidée par Dominique Nachury, vice présidente du Conseil général chargée entre autre de la jeunesse, au cours de laquelle ont été abordées sans concession les nouvelles pratiques nées des lois répressives accumulées ces dernières années.
L' humilité et le doute de la justice ?
D' entrée, Catherine Farinelli, conseillère auprès de la Cour d' Appel, détendait un peu le débat en estimant que pour elle, si la justice est la bouche de la Loi, elle ne peut, dans ces domaines de l' enfance en "dérive", que faire preuve "d' humilité" et de "doute". Face à des personalités en construction, et par définition "inachevées", il n' est selon elle pas possible d' avoir une réponse définitive, ce sur quoi une grande part des intervenants semblaient d' accord.
Une politique de plus en plus répressive vis à vis d' enfants de plus en plus jeunes
Le directeur départemental de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) Eric Nojac a pourtant rappelé l' ensemble des mesures, dispositions et lois prises ces dernières années pour renforcer l' arsenal répressif : face à des enfants de plus en plus jeunes, les dispositifs sont chaque fois renforcés et très coûteux pour la collectivité ! "Des structures, prisons ou lieux d' accueil sont créés et tout de suite saturés, condamnant la société à traiter les symptomes plutôt que les causes".
En 2008, le département du Rhône a inscrit près de 190 milions d' Euros pour la Politique de la Jeunesse et la protection de l' enfance, rappelait d' ailleurs Dominique Nachury.
Un protocole d' action et un guide des nouvelles pratiques
Depuis 2005, un guide référentiel est en place pour traiter de la même manière, avec les mêmes méthodes et un même système d' évaluation, les problèmes posés par les mineurs. Une charte a été signée par les différents partenaires pour établir les limites des compétences de chacun (justice, police, services sociaux...) et apporter une réponse à chaque problème selon un protocole clairement défini et coordoné par les services du département.
Car pour Philippe Renzi, substitut du procureur, "il s' agit d'éviter la confusion entre les compétences des différentes institutions". Lui-même s' est d' aileurs réjoui qu' en 2007 , 702 signalement ont été effectués à la justice et seulement 19 d' entre eux ont été classés sans suite.
L' abandon de la prévention
Une satisfaction que ne partage pas vraiment une grande partie du personnel. Selon le secteur "Santé-sociaux" du syndicat CFDT, le désengagement depuis quelques années du Conseil Général et de l' Etat est flagrant. "Les contrats jeunes majeurs sont attribués au compte goutte et les restrictions financières de la PJJ... traduisent un véritable abandon de la prévention".
Et de poser la question : ne leur restera t' il , comme seules solutions d' accueil, que l' hôpital, la prison ou la rue ? Les personnels se plaignent d' une gestion des places "à flux tendu", d' une tentation de discrimination envers les mineurs étrangers isolés et entre autres de la saturation des accueils d' urgence.
Pour eux, le discours sur l' efficacité de la politique de l' enfance n'est que... discours. En indiquant qu' "une société qui se préoccupe si mal de ses enfants, adolescents et jeunes majeurs en danger se prépare un avenir violent", ils se mobilisent pour exiger "la mise en oeuvre de moyens de protection de l' enfance plus efficaces".

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