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Communautés urbaines, Alain Juppé rejoint les déçus du Sarkozysme

De retour d'une longue semaine en Allemagne où il a assisté aux commémorations de la chute du mur de Berlin et visité ses homologues de Hambourg, Münich et Leipzig, Gérard Collomb se rend aujourd'hui à Bordeaux pour participer aux 37e Journées des Communautés Urbaines de France.
Alain Juppé et Gérard Collomb à Lyon lors du forum Libération
A Bordeaux, l'ambiance promet d'être électrique. Le terrain a été préparé par une "sortie" inattendue du Maire de la ville et Vice président de la Communauté Urbaine Alain Juppé, qui semble depuis quelques temps rejoindre les rangs des "déçus du Sarkozysme" .
La suppression de la Taxe Professionnelle sera compensée... la première année
On avait déjà pu noter, lors du débat organisé dans le cadre du forum Libération à Lyon, les convergences de vue de l'ancien Premier Ministre (UMP) avec le Président (PS) du Grand Lyon sur la politique locale. Mais dans le journal Sud Ouest ce mercredi, Alain Juppé vient de "franchir le rubicon" en qualifiant la politique du gouvernement de "provocation" et en déclarant : "Le Président Sarkozy avait promis une compensation -sur la suppression de la Taxe Professionnelle pour le financement des collectivités locales NDLR- mais il avait oublié de dire, pendant un an. C'est tout de même se foutre du monde !".

A gauche comme à droite, les dents grincent contre les réformes annoncées
En ce qui concerne l'organisation administrative de la France, deux réformes importantes sont en fait annoncées en même temps : d'un côté la restructuration des services de l'Etat qui sont de nouveau centralisés dans le sens vertical, c'est la Révision Générale des Politiques Publiques (lire dans LYon-Politique.fr l'article "les Préfets satisfaits du rétablissement de leurs pouvoirs"). L'autre réforme annoncée est celle de l'organisation territoriale, avec à terme une réduction du nombre d'élus, des regroupements d'institutions (Conseils généraux, communautés d'agglomérations et Régions) et surtout une réduction de leur autonomie de financement.
Pour Pierre Mauroy, qui a dirigé à la demande de Nicolas Sarkozy une commission de travail sur la question, la "métropolisation" est une bonne chose, car elle permettra aux villes françaises de se hisser à la hauteur de leurs concurrentes européennes et de rivaliser avec elles en puissance et en notoriété.

Une "recentralisation" de la France
Mais pour lui, l’avant-projet présenté n'a plus rien à voir avec le travail de la commission. "Très vite, au fil des travaux", écrit-t-il, "je me suis rendu compte que d’autres dispositions, auxquelles André Vallini et moi nous nous sommes opposés avec force, avaient pour objectif de mettre fin à la décentralisation. Il en est ainsi de la proposition de créer des conseillers territoriaux siégeant à la fois au Conseil général et au Conseil régional".
Pour Pierre Mauroy, comme pour Gérard Collomb qui le suit sur cette idée, cette disposition, qui apparaît comme un inutile "big-bang", marque plus qu’un recul dans la marche en avant de la décentralisation et de la régionalisation. Car elle conduit à engager à nouveau la France sur la voie de la "recentralisation" et du renforcement de son pouvoir par l’actuel président de la République. "Je regrette vivement que la création des conseillers territoriaux constitue la mesure-phare du projet de loi gouvernemental" termine Pierre Mauroy.

Pour la plupart des élus locaux, au prétexte de faire des économies en réduisant leur nombre de moitié... cette mesure conduira inévitablement à l’affaiblissement des deux assemblées concernées et donc au renforcement du pouvoir central.
Reste à savoir si il ne s'agit pas là d'un réflexe de défense corporatiste. Le mensuel Le Monde Diplomatique note par exemple qu'une grande part des élus locaux (de droite, de gauche et même des Verts) se sont en quelque sorte professionalisés au fil des ans et que nombre d'entre eux "vivent" aujourd'hui de la politique. Ils sont donc les premiers concernés par la volonté de "dégraissage" des institutions annoncée par le Président Sarkozy. 

Commentaires

Anonyme a dit…
Le nouveau statut de métropole accordé par la réforme ne tient pas compte du bassin d'emploi, ni de la situation géogarphique, je pense aux aires urbaines frontalière notamment. Il faidrait tenir compte de l'aire urbaine également et pas uniquement de l'agglomération. Il faudrait un seuil beaucoup plus bas pour les métrpoles frontalières!

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