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"Kent connaît la chanson", par Marc Antoine Bidon

Que vaut la chronique d’un fan de longue date, me direz-vous ? Elle vaut peut-être, par la connaissance d’un parcours en montagnes russes, jamais facile mais souvent aventureux.
Le noyau dur du public de Kent connait bien la chanson. Nous suivons l'artiste, au gré de ses envies et ses textes font écho à nos vies. Ça ne s’explique pas. Tiens, je parle au nom des fans, çà me va bien. Sans être des fanatiques, nous sommes une bande hétéroclite ayant trouvé un frère d'arme. Les plus anciens qui ont vécu Starshooter restent tatoués à jamais, parce qu’à la fin des années 70 ce groupe a marqué des esprits juvéniles. Certains textes ont même changé des vies.

Pour ma part, parce que l’exercice est sensible, je dirais simplement que nombre de ses chansons ont sû me remettre dans le droit chemin.

Avant de lancer sur ma platine ce « Panorama » je pense à tous ces concerts épiques, terminés en sueur et la voix éraillée, les maxillaires éreintés d’avoir tant souris. Je pense à ces rendez-vous ,jamais manqués, avec la sortie du nouvel album. L’écoute solennelle de celui-ci. Le plaisir que celà procure, immense et déroutant. Cela aussi, çà ne s'explique pas. Kent en vingt années m’a parfois surpris, mais ne m’a jamais déçu. C’est un artiste qui ouvre les portes aux rencontres, aux voyages, pour parfois les refermer dans la foulée. Ce n’est pas commun dans le show-business actuel . Ces ruptures successives, ce n’est pas très vendeur non plus. Mais ces changements de route sont son identité.


Kent est fidèle à son personnage, terriblement humain et toujours en quête. C’est son fil rouge. Un humain, voir un martien, qui s’interroge, qui souvent se laisse aller au doute. Il faut dire que la déroute de l’industrie du disque pousse à cela. Cela a-t'il encore du sens de sortir un disque en 2009?

Cet album, somme d’une carrière de trente ans, n'a pas été envisagé comme un simple best of. C’est l’occasion pour Kent de s’accorder un tour sur lui même. Du punk à aujourd'hui, il s'agit de mettre en relief une continuité dans sa carrière. Cette continuité existe, c'est celle d’un auteur de talent aux mots simples qui traduit parfaitement le quotidien de nos vies.


De ces versions innovantes surgit toute la richesse des textes.
Pour exemple je ne citerais que deux titres: « Reste encore » présentée à nu et qui provoque une émotion nouvelle. La chanson est rafraîchie, épurée et il ne reste que l’essence d’une splendide composition guitare-voix. Un sommet de l’album.
Et ce « Métropolitain », redécouvert, où Fred Pallem excelle par ses talents d’arrangeur. Sa guitare envoie des messages subliminaux et le texte est assurément l’un des plus beaux de la sélection.
Ces deux versions surpassent les originales et éclairent tout le brio de Kent. Elles justifient à elles seules l’intérêt de ce « Panorama».

Cet album est l’occasion de sceller de belles rencontres avec des artistes-amis. Dominique A est de ceux-ci. Un artiste qui trace son sillon sans se retourner et impose son univers unique. L’association avec Kent ( "Je suis un kilomètre") est surprenante. C’est un peu comme si la chanson avait été composée à quatre mains.
Sur « Tous les mômes », la voix inimitable de Barbara Carlotti a des saveurs d’opossum et celle haut perchée d’Agnès Jaoui redessine « Paroles d’hommes », la plus belle chanson de l’homme de Mars.

Suzanne Vega promène également sa douce voix dans une version en anglais de "juste quelqu'un de bien". Tous ces artistes ont pris un plaisir évident dans cette aventure et celui-ci se communique à l’auditeur.
Des inédits démontrent la forme du moment dont ce «Panorama», qui est un véritable tube. La pâte de Calogero se reconnait à cent lieues. Le titre donne envie de chanter son refrain sous la douche ce qui est avouons le, le seul test probant en vigueur.
« Une ville à aimer » ouvre l’album et rend grâce avec entrain aux gratte-ciels et à la vie citadine. Il plonge d’un coup aux oubliettes le fameux « Allons à la campagne ». Les reprises de Starshooter sont également de grandes réussites et « Betsy Party » dans sa version 2009 fait toujours autant remuer les fesses. Arthur H se déchaine de sa voix unique et Betsy est décidément toujours aussi jolie.

Mais c’est surtout la relecture de « Leo song » qui bouleverse. Une beauté terrible. Le style de Kent est là. Une histoire qui met en scène un héros de la vie ordinaire, un braqueur. Il nous embarque dans l’histoire et puis voilà, nous sommes plongés dans cette vie au coeur de l'émotion.
Pour clore cette chronique sincère et enthousiaste je citerais ces quelques paroles d’ « Au revoir, adieu », chanson fétiche des concerts , qui parle d’un homme malade du SIDA et qui fait le compte de ses amis : « Mais avec le noyau dur, je vais te bouffer oh ma vie, j’boufferais même tes épluchures ! »
C’est ce que je ressens à l’écoute de cet album et la date à la Cigale le 19 novembre, en compagnie de tous ces artistes, sera l’occasion d’une fête unique avec le noyau dur et plus encore!




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