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Nucléaire : l'ASN présente son bilan pour Rhône-Alpes

Philippe Ledenvic et
 Grégoire Deyirmendjian
Le groupement européen des autorités nationales de sûreté nucléaire (ENSREG), qui devait définir cette semaine, à la lumière de l'accident à la centrale de Fukushima Daiichi au Japon, les critères des tests de résistance annoncés récemment par le Conseil Européen, n'a pas réussi à se mettre d'accord sur le contenu de ces tests.
Ces "stress tests" doivent concerner les risques liés aux aléas physiques (séismes, inondations) et au cumul de plusieurs situations catastrophiques dans les 143 réacteurs nucléaires répartis sur le territoire de l'Union. Ils devront être complétés, selon un communiqué du Président de la Commission Européenne José Manuel Barroso, "par des scénarios incluant des facteurs humains". Mais Mr Barroso ne mentionne pas explicitement ce qu'il entend par "facteur humain"  : si il s'agit de risques liés à une faute technique, un acte de malveillance du personnel, un accident d'avion ou des actes terroristes...
Le commissaire à l'Energie Gunther Öttinger quant à lui, souhaite prendre en compte ce facteur aux côtés du risque de catastrophe naturelle mais plusieurs pays, dont la France, s'y refusent.

L'Autorité de Sûreté Nucléaire présente un bilan 2010 contrasté pour Rhône-Alpes
En France, la gestion du risque nucléaire est assurée par une autorité qualifiée d'indépendante, l'ASN. Créé par une loi récente (du 13 juin 2006) cet organisme doit assurer "la transparence et la sécurité". Il a aussi une mission d'information et un pouvoir de "police", c'est à dire qu'il peut obliger un opérateur à fermer une installation jugée défaillante. Dirigée par un collège de cinq commissaires - 3  nommés par le président de la République, 1 par le président du Sénat et 1 par le président de l'Assemblée nationale -, l'ASN est loin d'être un "repaire anti-nucléaire", mais elle réalise des inspections indépendantes, dans tous les domaines concernés par la filière nucléaire civile. On pense bien sûr aux centrales mais les contrôles s'étendent aussi aux laboratoires de recherche des universités, aux services de radiologie (médecine), aux transporteurs et même au secteur du BTP, qui utilise des appareils de contrôle des soudures "radioactifs"...

Une mention "Assez satisfaisant" qui cache bien des disparités...
Les responsables de l'ASN en Rhône-Alpes, Philippe Ledenvic et Grégoire Deyirmendjian, ont présenté récemment le bilan 2010 de leur action. Pour la vallée du Rhône, qui compte un grand nombre d'installations nucléaires, l’ASN attribue cette année une mention globalement moyenne, un "Assez satisfaisant" qui cache en fait bien des disparités :
Dans les centrales du Bugey et de Tricastin par exemple, le rapport note que  EDF et AREVA ont eu à déplorer plusieurs accidents graves... A Pierrelatte, l’autorité juge aussi que la protection de l’environnement est mal assurée... "Comurhex présente des résultats globaux insuffisants et montre de sérieuses lacunes à respecter ses engagements..." est-t-il écrit dans le rapport. 

Des inquiétudes sur la centrale de St-Alban
En Isère, la centrale EDF de St-Alban devra faire l'objet, selon les responsables de l'ASN, d'une "inspection approfondie en 2011". En cause, un manque de réactivité face aux demandes de l'autorité et un défaut de   communication. Il est écrit que "les performances globales de la centrale nucléaire de St-Alban sont en retrait par rapport à l'appréciation générale des performances que l'ASN porte sur EDF"... "Les faiblesses structurelles déjà diagnostiquées en 2009 ont à nouveau été observées, notamment lors de l'arrêt pour rechargement du réacteur numéro 2"...

Globalement, alors que le domaine du nucléaire est particulièrement sensible, le rapport de l'ASN démontre que les opérateurs sont bien loin de "l'excellence" que les citoyens sont en droit d'attendre. En matière d'inspection du travail, l'ASN rappelle que si les entreprises font massivement appel à la sous traitance, cela ne les dispense pas du respect des normes : "les contrôles des zones radiologiques orange sont insuffisantes à Cruas"... "A la lumière des constats récurrents formulés depuis 2008, l'ASN considère que les actions correctives prises par l'exploitant à St Alban sont insuffisantes"...

Le point faible des transports
Les associations antinucléaires ont récemment mis en évidence que des trains spéciaux traversaient régulièrement des villes comme Chambéry, ce qui peut poser un problème grave de radioactivité en cas d'arrêt prolongé... Si le transport des objets radioactifs entre bien dans les compétences de l'ASN, force est de constater que les contrôles sont extrêmement rares : plus de 300000 colis radioactifs circulent en France annuellement, dont plusieurs dizaines de milliers dans la région Rhône-Alpes. Sur ce sujet, l'ASN explique que "la responsabilité de la sûreté du transport repose sur les différents acteurs de la chaîne, l'expéditeur, le transporteur et le réceptionnaire". L'organisme effectue un contrôle de la validité des agréments mais dans la région, seules 10 inspections et une réunion d'information sur le transport ont été organisées durant l'année 2010 ! 
"Six évènements significatifs relatifs au transport de matières radioactives ont été déclarés en 2010 dans la région, dont un a été classé au niveau 1 de l'échelle INES"...

Gilles Roman
(redaction@LYonenFrance.com)
Voir le rapport Rhône-Alpes Auvergne (PDF) sur le site de l'ASN -

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